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15/04/2005
Marché Georges Brassens - Paris
C'est sous la Halle aux chevaux des anciens abattoirs de Vaugirard (Paris) que le Marché aux Livres du Parc Georges Brassens regroupe chaque Week End, de 9h à 18 h, soixante à quatre-vingt bouquinistes. Chaque année plus de 200 professionnels participent au marché.
Depuis sa création en 1987, plus de 850 professionnels sont passés par "Brassens".
Comment s'y rendre?
Le GIPPE gère le marché (concession accordée par la Ville de Paris) et y organise des manifestations culturelles.
Lettre bimestrielle du Marché du livre ancien et d'occasion.
Extrait de la lettre n°80 du 26 mai 2001
Voilà, bienvenue, la lettre d’un chineur de livres qui a découvert le Marché Brassens, c’est un bouquet de fleurs, il embellit le cœur. Quand nos pensées confuses ou le moral en baisse attendent que le soleil crédite le bonheur, cette lettre est joie sur la mélancolie, lente montée d’un rêve vers le trône. C’est un bouquet de fleurs, Monsieur le voyageur : vous nous l’apportez pour nous dire simplement «Ce que vous avez fait n’est pas inutile !»
Brassens ou le plaisir d'un chineur
Alors que je n'avais que sept ou huit ans, ma grand-mère qui habitait non loin des quais en cette époque où le jeudi était congé pour les écoliers, m'emmenait voir les bouquinistes en m'assurant que dans les boîtes- aujourd'hui très différentes d'alors- il y avait des livres extraordinaires et qu'il était agréable de les découvrir. Je commençais à en acquérir régulièrement à compter de l'âge de quatorze ou quinze ans, près de libraires aujourd'hui disparus, et sur les quais dont je faisais très régulièrement à compter du printemps ma promenade favorite, regardant parfois des livres que je savais ne pouvoir acheter immédiatement, mais dont je m'étais juré que dès que je le pourrais, j'en ferais l'acquisition : de ce "manque dans l'impatience" réside sans doute la raison de la détermination volontaire pour chaque sujet choisi, de posséder le maximum d'ouvrages, travers heureux parce que joie partagée pour le collectionneur et pour le libraire qui devenait un peu un ami.
Il me fallut un jour accepter l'exil marnais où je retrouvais un ami éditeur à Muizon, puis à Reims qui, à l'enseigne d'A l'écart, offrait aux bibliophiles et aux curieux des impressions dont la qualité égalait l'intérêt des textes rares ou inédits auquel se joignait le plaisir de les pouvoir acquérir du fait d'un tirage des plus confidentiels : c'est lui qui me signala l'existence du Marché Brassens sans pourtant me dire, où il se trouvait.
Revenu dans la Capitale, l'ami William m'avoua enfin où "se cachait" ce Marché devenu aujourd'hui, du moins pour moi, un lieu enchanteur sinon enchanté, pèlerinage hebdomadaire vers une Mecque dont les fidèles préparent durant la semaine le voyage espérant trouver les livres non encore obtenus, ou bien s'en remettant au hasard de leur chine, pourront découvrir de véritables trésors.
Certains s'imaginent que Brassens n'est plus "Le Brassens" des débuts : je regrette de n'avoir connu cette époque, mais aujourd'hui rares sont les samedis où, arrivant pourtant après" les marchands "je ne reparte le soir, le sac empli d'éditions que des amateurs n'auraient osé venir quérir en cet endroit et qui figureraient en bonne place pour eux sur les catalogues si, le matin dans la hâte, ils n'avaient échappé au regard pourtant perspicace de ces "intermédiaires" ou libraires.
Brassens, ce n'est pas seulement la joie de chiner, c'est le plaisir de rencontrer aussi des libraires très différents par leur culture ou leurs spécialités, de converser avec certains d'entre eux, lorsque l'opiniâtre passionné a réussi à être admis comme un peu un ami. Alors il est agréable de se retrouver pour déjeuner à la même table ou prendre un café et vider parfois quelques verres en parlant de la semaine écoulée, des trouvailles, des recherches, de tous autres sujets : les préoccupations que chacun peut avoir s'estompent en ce que le lieu change le temps, et cet autre temps lui-même marchant trop vite, oblige l'amateur à revenir souventefois le dimanche où il dénichera ce qu'il n'avait pas vu la veille malgré ses déambulations dans les allées faites et refaites.
Brassens, ce n'est pas simplement un ensemble de libraires ou de bouquinistes rencontrant chaque semaine des fidèles, c'est un microcosme en lequel se tisse une complicité entre les êtres, c'est d'avantage qu'un Marché, c'est pour celui même qui n'en aurait pas conscience le rendez-vous à une fête; c'est pour tout cela notamment que Brassens est un lieu unique qu'il serait impossible de recréer.
Un Voyageur
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